VOUS N’ETES QU’UNE IMBECILE !!!
J’étais véritablement furieux.
Furieux d’être cloué là, impuissant, dans ce lit d’hôpital.
Furieux d’avoir failli y laisser ma peau.
Furieux, surtout, d’avoir failli perdre plusieurs de mes subordonnés.
Hors de moi, je passais mes nerfs sur le Lieutenant.
Vous avez perdu tout contrôle en prenant pour argent comptant les paroles de l’ennemi ! Je suis très déçu de ce comportement, surtout venant de
vous, Lieutenant Hawkeye.
« Je suis vraiment désolée… »
Ne perdez pas votre sang froid !
N’arrêtez pas de penser !
N’abandonnez pas votre envie de vivre !
Vous faites partie de l’armée… Et en plus vous êtes mon bras droit ! J’attends de vous plus de fermeté !
Hawkeye supporta ce sermon sans broncher et se contenta d’acquiescer humblement, en baissant les yeux.
« Oui. »
Mais je souhaite que vous continuiez à assurer mes arrières, ajoutai-je. Je compte sur votre dévotion.
Hawkeye serra les dents. Me voir lui renouveler ainsi ma confiance, après le savon que je venais de lui passer, lui fit remonter une grosse boule dans la gorge. Le Lieutenant fit de gros efforts
pour ne pas verser une larme. Bien entendu, Havoc s’en aperçut et ne put s’empêcher de venir placer son grain de sel.
« Vous êtes mal placé pour vous plaindre, Colonel. C’est vous qui avez débarqué en plein milieu de l’affrontement. »
LA FERME, TOI !!!
Je sortis de mes gonds une nouvelle fois, avant de le regretter aussitôt. Une douleur aiguë me déchira l’abdomen.
Urghhh…
« C’est pas bon pour vos cicatrices. Alors du calme… » me railla Havoc.
Je te trouve bien irrespectueux envers ton sauveur ! lui criai-je.
« Oui merci, mais évitez de me griller comme un steak la prochaine fois. Les filles n’aiment pas les mecs avec un ventre tout cramé », ajouta-t-il avec insolence.
Oh, bon sang, c’en était de trop !
ET ALORS, ÇA TE VA PAS ?!! me mis-je à hurler. JE T’AI CUIT A POINT, MOI C’ETAIT PLUTOT DU GENRE SAIGNANT, ALORS ARRETE DE TE PLAINDRE !
« CHACUN SES GOUTS ! ET JE NE VOIS PAS POURQUOI ON DISCUTE DE ÇA !!! » me rétorqua le Lieutenant.
Ouch…
Nous étions désormais deux à nous tordre de douleur au milieu de nos lits. C’était bien le moment de gaspiller de l’énergie à de pareilles sottises, tiens. Même s’il n’avait pas complètement tort
au fond, même si Hawkeye n’était pas la seule responsable de cet infâme merdier. Imbécile de Havoc !
D’ailleurs, pourquoi je suis obligé de rester dans la même chambre que lui ? me mis-je à râler. Je devrais avoir une chambre individuelle avec
de jolies infirmières pour s’occuper de moi.
« Un peu de patience, me répondit Hawkeye. Pour le moment, rien ne nous dit que nos ennemis ne vont pas revenir pour vous tuer. C’est plus simple de vous garder si vous êtes dans la même chambre.
»
J’avais omis ce détail. C’est vrai ! Pourquoi ne tentent-ils pas de nous éliminer tant qu’ils en ont la possibilité ?
Nous sommes à l’hôpital, ce serait facile de faire passer nos décès pour accidentels. Donc pourquoi ?
La porte de la chambre s’ouvrit et Fuery apparut, Alphonse Elric sur les talons.
« Excusez nous de vous déranger ! »
« Nous sommes venus vous rendre une petite visite », lança gaiement Alphonse.
« Tu n’aurais pas dû venir, Alphonse. Toi aussi tu es en danger. L’ennemi peut t’attaquer à n’importe quel moment ! » le gronda Hawkeye.
« Pas de problème. Je suis accompagné d’une personne qui peut sentir la présence des homonculus. »
Je le dévisageai incrédule. Sentir les homonculus… ?
« Mais comment… »
« Je me demande aussi… »
Plein de prévenance, Fuery s’adressa à Hawkeye.
« Lieutenant, vous devriez vous reposer un peu. Je vais demander à ce que l’on vous remplace. »
« Non merci, ça ira. C’est mon travail. C’est normal. »
« Sinon, vous avez amené ce que je vous ai demandé ? » ajouta-t-elle à l’attention du Major.
« Oui, voilà. »
Et il lui tendit un plan soigneusement enroulé.
« Merci, lui répondit-elle en refermant la porte derrière lui. Veillez à ce que personne ne nous dérange. »
« Bien compris. »
J’avais assisté à tout ce manège sans trop comprendre.
Qu’est ce qu’il y a ?
Hawkeye déplia la carte, qui s’avéra être un plan de la ville.
« C’est approximatif, mais… J’ai calculé la distance que nous avons parcourue dans le sous-sol du laboratoire numéro 3 en me basant sur mes pas. Elle couvre le chemin entre l’entrée et cette
grande porte. Le couloir étant parfois sinueux, je n’ai pas pu repérer la direction exacte… J’ai donc tracé un cercle autour du laboratoire numéro 3. »
Wow, bien joué ! sifflai-je, admiratif, tout en m’emparant de la carte.
« Merci. »
Hummm…
Alphonse s’approcha de moi et pointa son doigt sur le papier.
« Regardez, Colonel… Le laboratoire numéro 2 est inclus dans le cercle. »
Je me mis à malaxer mon menton d’un air soucieux.
Attendez un peu… J’ai trouvé quelque chose de plus intéressant encore…
Il touche l’enceinte du Quartier Général de Central City. Pile sur le bureau du Président.
Doit-on en déduire que le président est lié aux homonculus ?
« Mais… me fit remarquer Alphonse. A Dublith, c’est le Président en personne qui a exterminé l’homonculus nommé Greed ainsi que toute sa bande.
Le Commandant était là, aussi… »
« Peut-être le Président pensait-il que ce Greed représentait un danger pour les hautes instances de l’armée… Donc il l’a éliminé, c’est ça ? » lui demanda Hawkeye.
« Oui… Peut-être… Je ne comprends pas la raison de ce carnage… »
C’est le président qui a appelé les ambulances ? demandai-je à mon tour à Havoc.
« C’est ce qu’on m’a dit, oui… »
Peut-on considérer que cela fait de lui un allié ?
Je croisai les bras, en proie à une grande réflexion intérieure. Les choses se compliquaient.
Hughes a dit : « L’armée est en danger. »
Il est donc sage de penser qu’une organisation menace l’existence de notre armée.
Je ne sais pas encore jusqu’où ils ont pu s’infiltrer dans les hautes sphères mais ce qui est certain, c’est qu’on ne peut pas sous-estimer leur influence…
« Mais si on arrive à les repérer et à les éliminer… » commença à dire Hawkeye.
J’achevai sa réflexion.
Oui…Ça signifie que j’arriverai encore plus vite à la tête de ce pays.
Quand j’ai envoyé Barry à la prison, j’espérais mettre la main sur les conspirateurs qui manipulent l’armée dans l’ombre.
Mais finalement, on a ferré un plus gros poisson.
« Peut être un peu trop gros… » me fit-elle remarquer, inquiète.
Je suis certain que ça en valait la peine, répondis-je sur un ton badin, histoire de la taquiner.
J’espère qu’on va continuer à faire du bon boulot ensemble, OK ? lui dis-je avec un petit sourire en coin. C’est important pour moi d’être
entouré de personnes de confiance.
Le visage du Lieutenant rayonna d’une profonde gratitude.
« A ce propos… nous coupa Havoc avec un air navré. Je ne vais pas pouvoir vous suivre. »
Nous le regardâmes sans comprendre.
Gêné, le Sous-Lieutenant baissa les yeux en agrippant ses couvertures.
« Mes jambes… Je ne les sens plus… »
« Je suis désolé. Je… Je me retrouve sur la touche… »



















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